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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 12:16

Dans le désert, tomber amoureuse d’un mirage en bottes et chapeau de cow-boy.

Grain de sable qui enraye la mécanique.

Le décor est planté et Cupidon n’a pas manqué une occasion pour appliquer une recette, est-elle non moins sans danger pour les personnes concernées ?

 

Objet transitionnel de cette révolution en marche : un taciturne à cheval.

Réveil d’un désir enfoui comme du pétrole sous la glace.

Voyage au centre de la tête et des reins de notre héroïne qui rêve de retrouver l’ivresse des plus belles années.

Il n’en faut pas plus pour alimenter le fantasme et bousculer le couple aux corps évanouis.

L’ingénue et son mari qui ont passé l’âge des premiers émois, tenteront une approche pour le moins inattendue à l’heure de la surenchère et du numérique : l’écriture épistolaire.

 

Noir sur blanc, elle et lui décortiqueront sans langue de bois et sans feindre une pudeur malvenue, les étapes de cette épiphanie. Dialogue avec son partenaire officiel en toute impunité. Les cartes de l’intimité sont rebattues. La routine laisse place à un ego trip en duo aussi inédit que déroutant.

 

Amoral, instructif et inspirant, cette déclaration d’amour autant que manifeste d’envie d’avoir envie interpelle par sa sincérité troublante.

 

Ce qui nous agace d’abord, ces mots sans retenue qui bousculent sans qu’on s’en aperçoive nos tabous et les mettent à jour, nous amène à remettre en question nos certitudes, nos limites et à nous avouer nos propres désirs aussi incongrus, anodins et jusqu’alors non assumés ni même exprimés.

 

La quête d’une possible oasis de liberté, au cœur de cet infini de possibles se révèle être la première étape d’un voyage qui, espérons-le, ne restera pas spirituel.

 

La Catharsis est en marche.

A lire ou à regarder, vous avez le choix pour votre entrée en matière.

 

 

Au commencement était le verbe
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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 11:32

"Elle danse. C'est collectif, c'est une folie, ce serait idiot de se rétracter". Et elle ne danse pas pour montrer aux autres qu'elle chaloupe encore bien pour son âge, son bassin se balance comme en montée d'ecstasy, sauf qu'elle ne prend rien, et elle commence à sentir le son lui rentrer dans les mains, lui délier la nuque et autour d'elle tous les corps sont dans le même état - elle danse et elle a posé le cerveau, et ça la débecte de l'admettre, donc le lendemain elle pense à autre chose, mais elle danse pour se sentir verticale, la plante de ses pieds se connecte au sol et elle est défoncée, des étoiles lui dégringolent dans le ventre, comme si ça avait été toujours leur place, elle danse en pensant aux morts et elle danse avec eux, elle danse en pensant à tout ce qui a disparu et qui pourtant existe encore, intact, aussi facile à redéployer que si elle ouvrait un livre en deux et que des images avec les sons et les odeurs et chaque grain de peau se déroulaient, elle danse parmi les autres et elle reconnaît leurs présences, il y a un lien entre eux tous, ils sont heureux d'être ensemble avec la même imbécilité qu'on éprouve quand on est récemment amoureux, sauf que là ils sont une trentaine et elle s'enchaîne à eux sans même y prêter attention, ils sont un seul corps qui ondule et ça les plaît d'être là. Impossible de dire ce qui déclenche ça." 

Virginie Despentes, Vernon Subutex 2

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 12:44

"Elle aime Paris, de toute façon, de la porte de la Chapelle à Montparnasse. Elle en aime les couches successives, contradictoires, les intersections et les changements brusques. Parfois, deux rues suffisent pour basculer d'un quartier à l'autre, d'autres fois il faut traverser de courtes zones sans identité. Elle aime le brassage des touristes, de la racaille, des Chinois, des provinciaux, des cultureux, des modeuses, des banquiers et des caissières - tous chez eux, en même temps, qui n'habitent ni tout à fait la même ville, ni tout à fait une autre. Un jour on pensera à ce Paris cosmopolite du début du troisième millénaire comme à une Babylone insensée, et on aura du mal à se représenter autant de gens différents ayant réussi à vivre ensemble dans une paix bien réelle. Des geeks barbus, des pédés d'extrême droite, des Juifs dealers, des bombasses khâgneuses, des Américains bohèmes et des toxicos réactionnaires... Toutes les articulations sont possibles et elle fait partie de cette mosaïque. Même si elle n'arrête pas de se plaindre que tout change et toujours vers le pire, elle se sent toujours autant chez elle, dans cette ville tarabiscotée."

Virginie Despentes, Vernon Subutex 2.

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 22:35

"Nos pères ne portaient ni blouse ni cravate, nos mères ni tablier ni tailleur. Nous avions été éduqués et formés par les livres, les films, les chansons - par la promesse de devenir des individus. Je crois que nous étions en droit d'attendre une vie différente."

Tristan Garcia, Faber Le destructeur, Gallimard, 2013

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  • : Vodka Lemoni
  • : Pas de justification. Pas de démonstration. Que des tripes avec du style et quelque élégance. Eviter de tomber dans le piège de l'egotrip "Miroir mon beau miroir". Sortir de l'éternelle fatalité "Vous êtes de ceux qui mettent leur orgueil dans ce qu'ils ne font pas" hein Simone. Et pour rendre à Patrick ce qui est à Patrick : "Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets" So, que la fête commence !
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