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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 18:16

La Grand Place aux couleurs de Noël.

Presqu'aussi sweet que des speculoos au chocolat Dandoy.

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 17:28

Incapable d’applaudir les bras levés à l’unanimité, comme la renommée le voudrait, ni même de ne rien montrer, mais impossible de s’exprimer, de se prononcer à la sortie, encore en sourdine. Comme paralysée, comme affamée aussi, comme si ce déballage manifesté après spectacle était surfait, à l’opposé de la représentation dansée ce soir au Théâtre du Rond-Point, trente ans après sa création par Maguy Marin.

 

Un jugement ici aurait été une insolence, une incohérence, un véritable contre-sens.

 

Il aura fallu plusieurs jours pour se remémorer, pour révéler les images, se les approprier, les rejouer, se dire que nous n’avons pas rêvé et les fixer.

Peut-être que tout nous a échappé.

Peut-être que nous sommes passés à côté.

Peut-être que tout est gravé à jamais.

Peut-être est-ce la chose la plus impalpable et la plus incarnée que j’ai eu à regarder.

 

Pas de grand lancé, de pointe ou d’arabesque à la volée. Des répétitions infinies de gestes étroits, intériorisés, presque invisibles et des souffles, des cris étouffés pour marquer la difficulté à se réaliser, à s’adapter, à s’affirmer, à être dans cet enfer, cette obscurité où les corps de poussière redeviennent chair dans la lumière, s’enflamment et se consument sans modération, ne voyant pas d'horizon.

 

Comme les Bourgeois de Calais pétrifiés dans leur vie assassine, comme dans nos songes inavoués où  les signes distinctifs de la richesse du collectif s’entrechoquent avec les peurs honteuses de chacun dans son coin et finir par tout anéantir.

Peut être tout et son contraire jusqu’au salut, incongru, qui ne veut pas rompre le charme et continue de jouer la ritournelle.

La vie est ainsi faite, qui va finir, sans fin, à l’infini. May B.

 

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Les Bourgeois de Calais, Auguste Rodin

 

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May B, Compagnie Maguy Marin

 

Maguy Marin, May B au Théâtre du Rond-Point à l'occasion du Festival d'Automne à Paris.

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 15:19

"Chaque jour, autour de nous, le langage perd un peu plus son volume et la pensée sa respiration ; les détours respirés, les chemins de traverse, les courbes sont interdites : tout va vers le linéaire, la phrase de sept, cinq, trois mots, le slogan ; tout va vers une langue plate, uniforme, répétitive, incapable de restituer le drame de la pensée, de développer ses volutes cntradictoires. Par extension Luniverelle d'une pensée binaire, d'un rythme à deux temps, le manichéïsme se répand et gagne tout. Comme si notre pensée aujourd'hui - et le langage humain - avait le souffle coupé ; comme si respirer, aller au bout de la phrase, traverser la noyade, renverser les mots, retourner les sens, brûler le langage par notre corps et s'y perdre, nous était interdit. Tout doit être de surface, suréclairé, sans ombre aucune, sans volume, présenté sous son meilleur jour et toujours à vendre : avec étiquette, mode d'emploi, prix et résumé du contenu..."

 

Valère Novarina, Lumières du corps, P.O.L, 2006

 

*vaut aussi au féminin : La femme hors d'elle.

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 14:21

Christophe Honoré dans les petits papiers du Nouveau Roman, c'était tentant.

Escalader les monstres sacrés à la Colline, pourquoi se priver ?

On attendait de voir ce que cela pouvait donner.

 

Rien pour déflorer la surprise, neutres de toutes critiques déjà publiées, même celles de l'été dernier.

Nous étions curieux et impatients de voir ce spectacle vivant a priori excitant.

Nous en sommes ressortis essorés et énervés. Mieux aurait valu un docu sur Arte.

 

Non pas tant à cause de ces tentatives de remplir le vide à coup de provocations qui n'en ont que le nom.

En vrac et de façon non exhaustive : un autodafé pour faire table rase, une mise à nu filmée mais cachée, une soupe de poireaux faite minute, les interviews people télévisées, la parole donnée en direct à l'assemblée ou encore les passages chantés et même dansés mal chorégraphiés sous l'autorité d'une boule à facettes sans beaucoup de reflets.

 

A vrai dire, ce dispositif aussi dense que superflu a eu le mérite de feindre, les premières minutes tout du moins, une mise en scène qui ne s'est jamais révélée.

Aucune grammaire définie, aucun vocabulaire sciemment choisi pour incarner les auteurs de l'avant-garde.

Face à cet espace vidé de sens, où déambulent des corps sans direction, qui pour toute occupation fument et boivent sans qu'on s'en aperçoive, on se dit que c'est peut-être volontaire, qu'Honoré a souhaité transposer les codes du genre analysé et par la même s'affranchir des règles d'un théâtre classique que l'on pourrait penser dépassées.

 

Cela pourrait tenir la route et même, ce serait une proposition intéressante à étudier. Alors nous refaisons l'histoire, nous énumérons à nouveau les chapitres qui se sont succédés pendant une éternité (pas loin de trois heures). Nous confrontons les perceptions et autres interprétations pour en arriver à cette conclusion : il n'y a rien à sauver. Objectif raté que celui d'exhumer celles et ceux, ces nouveaux romanciers, qui n'en avaient que faire des personnages intriguant, pour les réduire à ce statut exactement. Et de nous rappeler combien ils étaient égocentriques et mesquins, jaloux et avares de reconnaissance ; des femmes et des hommes en somme, en vain.

 

Quelle surprise que d'apprendre qu'il y a eu entre eux, jeu de dupes et autres coucheries, bassesses et maladresses, que leur talent n'a pu sauver la part honteuse et orgueilleuse, propre à chacune et chacun d'entre nous. En clair, qu'ils n'étaient pas au-dessus des autres. A quel titre, auraient-ils fait exception ?

 

Cela nous rassure-t-il de savoir cela à l'énumération des rues qui portent leurs noms, comme un signe de leur célébrité post-mortem ?

Se rappeler qu'ils n'en menaient pas large dans leur vie sentimentale et personnelle devrait-il nous rassurer sur nos capacités à atteindre l'immortalité tant convoitée, ou encore nous motiver à nous confondre dans la vulgarité ou à nous raconter comme Honoré par son frère adoré en guise d'introduction du sujet pour nous sauver de notre condition ?

A quoi rime cette ère du soupçon instaurée quand l'idée de ces auteurs était au contraire de dépasser les traits psychologiques du personnage ?

Le "faire vrai" ne vaut donc et exclusivement que dans un ramassis des pires aspects de la nature humaine ?

Leur travail sur l'écriture, l'essence même de leur activité est ici résumé par un portrait caricatural de l'individu derrière sa machine à écrire, à raturer, déchirer du papier sans manquer de se masturber.

La stricte vérité.

 

Tout ce travail pour ne pas s'affranchir des clichés et finir de nous achever.

Le coup de grâce est porté par Charles Dantzig, invité, qui comme un cheveu sur le velouté et par écran interposé, donc protégé, déclare que "la France n'aime pas les artistes" ; sur la scène d'un théâtre subventionné, puissions lui remémorer.

 

Quelle soirée.

Rien de vain pourtant. 

N'ayant réussi à nous convaincre par sa proposition, Honoré nous offre néanmoins dans les grandes lignes et sur un plateau, les Editions de Minuit à dévorer en vrai, sans intermédiaire surestimé.

Le texte et nous, en toute liberté.

En toute subjectivité.

 

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Nouveau Roman, de Christophe Honoré

La Colline, théâtre national.

Du 15 novembre au 9 décembre 2012.

 

 

 

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 15:30

Scène de la vie (presque) ordinaire, dans le flagship d'une marque espiègle et coton pour petits et pour adultes aussi*, sur la plus belle avenue du monde.

La mission était pourtant simple sur le papier : trouver un présent pour célébrer l'arrivée d'un nouveau-né, le plus beau de la Destinée.

 

Ceci explique cela.

 

Premier tour d'horizon pour appréhender l'offre et l'accorder à la demande. Article ciblé dans un temps record, je pensais y passer la journée. Calcul des plus scientifiques pour ne pas se planter sur la taille en fonction de la saison et autres considérations de genre.

 

"Ce n'est pas parce que c'est une fille que je dois prendre rose, c'est quoi ce déterminisme ? En même temps, c'est  chou le fluo et les paillettes incrustées. On aura tout le temps de lui offrir des G.I. Joe pour ses deux ans et de lui rappeler qu'elle est totalement libre de choisir son orientation sexuelle et même de ne pas s'épiler...surtout avec un prénom mixte."

 

Après interrogation métaphysique réglée grâce à un goût prononcé pour tout ce qui brille, passage en caisse, fière d'une telle efficacité, alors que je suis novice en la matière. Jusqu'à la question qui tue. Il aurait mieux valu que je fasse motus et bouche cousue.

Devant moi, une pro de telles affaires, mère courage de trois bambins sages comme des images et la raie sur le côté, à qui je demande approbation pour une si belle occasion.

Mauvaise pioche, boule noire. D'un battement de cils, d'une moue dubitative, elle me fait comprendre que la taille sélectionnée n'est pas la plus appropriée, qu'à ma place elle prendrait du 9 mois,

 

"C'est plus sûr."

 

OK, qu'à cela ne tienne. Je remonte en catastrophe au rayon concerné, cherche désespérèment l'article à l'âge conseillé, en vain. Entre bouffées de chaleur et hauts le coeur, j'attrape une vendeuse au passage et lui fait comprendre le pourquoi de mon désarroi.

 

Croyant me rassurer, elle me répond :

"Chez Petit Bateau, vous ne trouverez pas de 9 mois, ça n'existe pas !"

 

ô rage ô désespoir. J'imagine déjà le retour à la case départ...Je ravale ma salive et mes questions cons (pourquoi pas 9 mois ? Y aurait-il un rapport avec la période de gestation, faite de frustrations et de consultations ? Serait-ce pour ménager les mamans en plein baby blues ?), je tente ma chance pour un body demi-saison en 6 mois, avec des points en surbrillance finition picotée, pour rester dans la tendance.

 

Les jeux sont faits...

 

Au pire, ils pourront échanger.

 

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*Pour les blogeuses de mode parisiennes influentes et les autres, à noter la collection capsule Carven-Petit Bateau pour cette fin d'année, depuis le 5 novembre en avant-première chez Colette (ça étonne quelqu'un ?) et à partir du 6 décembre dans tous les magasins Petit Bateau. 

Une bonne idée pour les 18 ans du bébé (2030), un cadeau vintage en édition limitée.

 

 

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 20:07

"De personne au monde elle ne dirait désormais qu'il était comme ceci ou comme cela. Elle se sentait très jeune ; et en même temps, indiciblement âgée. Elle passait au travers des choses comme une lame de couteau ; et en même temps elle était en dehors de tout, et elle regardait. Elle avait perpétuellement la sensation, tout en regardant les taxis, d'être en dehors, en dehors, très loin en mer et toute seule ; elle avait toujours le sentiment qu'il était très, très dangereux de vivre, ne serait-ce qu'un jour. Non qu'elle se jugeât intelligente, ni au-dessus de la moyenne. Comment avait-elle pu traverser l'existence avec les seules bribes de savoir que leur avait données Fraülein Daniels, c'était à se le demander. Elle ne savait rien ; ni langue étrangère, ni histoire ; c'est à peine si elle lisait à présent, ou alors des Mémoires, au lit ; et pourtant à ses yeux, c'était complètement absorbant ; tout cela ; les taxis qui passaient ; et de Peter ni d'elle-même elle ne dirait, je suis ceci, je suis cela."

 

Virginia Woolf, Mrs Dalloway, 1925

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 16:17

Voyez comme ils dansent.

Sans filet avec cette fois pour figure imposée, la terre battue et comme toujours des êtres à moitié nus.

 

En guise d'échauffement, zouc à volonté, c'est plus qu'il n'en fallait pour se mettre dans l'ambiance et s'installer.

Inutile de rassurer l'assistance sur les risques pris par les inconscients du premier rang, le quart-d'heure de baise dans le plus simple appareil ou encore la vue du sang, incontournables de la troupe - une véritable signature - attendus entre un pas de bourrés et un entre-chattes assumé.

 

A n'en pas douter, "les danseurs ont apprécié la qualité du parquet*" et les spectateurs la performance des Chiens de Navarre en rythme et en cadence.

Les classiques s'enchaînent, revisités, malmenés, piétinés pour ne pas dire consciemment saccagés. Roméo et Juliette ne seront pas épargnés, ni même le Boléro de Ravel jusqu'à la dernière note jouée.

Et pourtant...

Sous l'ironie et les masques monstrueux, sans un mot, ces bâtards donnent la chair de (la) poule et des frissons dans ce parking à partouze.

Rien ne les arrête, pas même un numéro de claquettes, jusqu'à nous inviter à entrer en transe, dans un décor lynchien en justaucorps pas très académiques, comme un rite de passage pour les moins sages.

 

C'est jouissif, malin et derrière l'insoutenable maladresse improvisée, transpire la maîtrise d'une danse rondement menée.

 

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© Taroop & Glabel

 

*Les danseurs ont apprécié la qualité du parquet

Jean-Christophe Meurisse / Les Chiens de Navarre 

à la Ménagerie de Verre, Paris, jusqu'au 17 novembre 2012.

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 18:08

Découverte au hasard, dans la déambulation d'une génération d'oeuvres aguerries.

Coincée entre les bombes, les tranchées, les corps meurtris et les déclarations d'armistice à venir.

Sous les traits de celle qu'elle aima, gisante devant l'éternel, elle* rêve de liberté et de danser.

Et de rappeler que le 11 novembre n'est pas qu'un jour férié.

 

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The Weeping Venus, Romaine Brooks, 1917.

 

Centre Pompidou, Metz, dans le cadre de l'exposition 1917.

Juillet 2012

 

*Ida Rubinstein, icône de la Belle Epoque.

 

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:16

Des sous-pulls qui grattent, une peau en lambeaux et des lèvres qui pellent.

Une envie de plats mijotés et des marrons dans la cheminée.

Un film en VO sous la couette, avec des chaussettes.

 

- Qu'est-ce qu'on fait pour le 31 ?

- Si on innovait ?

- ???

- Je ne sais pas. Si on allait marcher en forêt ? Manger des fruits de mer dans le Finistère ? S'enfermer avec une pile de DVD et du pop-corn à volonté ?

- ???

- Laisse tomber.

 

Des pourparlers pour les fêtes de fin d'années.

Pire que l'apocalypse annoncée.

Game of Thrones pour de vrai.

 

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© I'm the only thing I'm afraid of

 

 

 

 

 

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 13:42

Cet été, dans Les Cahiers, quelques lignes sur un film déjà manqué.

Se rappeler qu'il faudra le télécharger ou le trouver en DVD à la rentrée...

 

Alors que l'automne n'a rien d'indien, que la Toussaint souffle sur les cendres de nos morts à ne pas oublier, après que le ciel nous tombe sur la tête et que James, fils de Monique, ressuscite d'outre Manche, nous voilà un vendredi à faire le pont sous la pluie. Pas l'envie de chanter mais de s'enfermer dans une salle de ciné chauffée.

Problème, toutes nos cartouches sont grillées. 007 nous a bluffé malgré ses tendances de vengeur masqué et précipités, nous voilà dépouillés.

Alors quoi, on renonce au premier obstacle, on s'avoue vaincu face au petit moustachu et au gros balaise qu'on essaie de nous refourguer ?

 

On a trouvé, à force d'insister.

Séance de rattrapage pour les estivaliers.

Terri en VO, on a cru rêver.

 

Dans un collège, l'âge ingrat version West Coast, USA.

Mais loin des ados mal dans leur peau, en mode serial killer vu par Gus, ici, Terri apprend ce que grandir veut dire.

Sans coup d'éclat, sans revendication, sans modèle formaté. Juste à côté.

Alors qu'il apparaît mal assuré et même engoncé dans son pyjama qu'il ne quitte jamais, il se révèlera plus mature et avancé, moins paumé que les adultes qui sont là pour l'entourer, l'encourager, John C. Reilly le premier.

Terri a compris. Il sait  que rien ne sera facile ni gagné d'avance, qu'il n' y a que lui pour se sortir des eaux troubles de la communauté où l'absence est une fatalité, la solitude une punition, l'innocence une faiblesse et la douceur une honte.

Son corps hors-norme et sa nonchalance le placent a priori dans le groupe des freaks. Il choisira de faire cavalier seul mais de s'occuper des âmes à sauver. Pour y arriver, il déploiera des ressources insoupçonnées, affrontera ses peurs inavouées et ne renoncera jamais, même sous la pression et pire encore la tentation.

 

Car lui seul, à cet instant, sait qui il est.

 

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Illustration : LJH

Someone else de Henry Wolfe

 

 

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  • : Vodka Lemoni
  • : Pas de justification. Pas de démonstration. Que des tripes avec du style et quelque élégance. Eviter de tomber dans le piège de l'egotrip "Miroir mon beau miroir". Sortir de l'éternelle fatalité "Vous êtes de ceux qui mettent leur orgueil dans ce qu'ils ne font pas" hein Simone. Et pour rendre à Patrick ce qui est à Patrick : "Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets" So, que la fête commence !
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