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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 09:21

Parfois, j'ai envie de beau, du lourd, quelque chose qui sorte de l'ordinaire, de la pensée commune, un truc réfléchi, qui prend du temps à comprendre loin de l'immédiat, de l'urgence, de l'hystérie, de la promo.

 

Comme je ne sais pas (encore) faire grand chose de mes dix doigts, j'écoute France Culture. OK, c'est cliché, bateau, mais 90% du temps ça fonctionne. Ca m'apaise. Je reprends alors espoir en l'humanité.

Sauf que la dernière fois, je suis tombée sur une interview éclair, genre questionnaire de Proust d'un écrivain inconnu au bataillon - normal, on est sur France Culture et je ne suis pas très érudite - qui balançait 3 références littéraires par seconde, histoire de montrer qu'il n'était pas écrivain pour rien, qu'il savait de quoi il parle, que Proust, Hugo et Camus l'avaient bouleversé à l'âge de 13 ans, qu'après la lecture de ces maîtres, sa vie n'avait plus jamais été la même et que bien sûr à 15 ans, il avait trouvé sa vocation.

 

Et moi, qui m'avait transformé ? 

Avais-je trouvé cet auteur, artiste, cinéaste qui m'avait guidé, inspiré dans la fleur de l'âge ?

Trop orgueilleuse, j'avais refusé de me perdre dans la voie d'un seul.

Et avais pris un malin plaisir à papillonner de chapelle en chapelle, ne m'interdisant rien.

 

Et puis j'ai grandi. Malgré moi, j'appartiens à un sociotype. Je remplis certains critères.

Cette liberté revendiquée n'est qu'illusion.

En partie.

Je suis définie en fonction de références, de ce que je lis ou prétends lire, de ce que je regarde ou prétends regarder voire ce que je mange (bio / équitable) ou prétends manger.

 

Pourquoi avoir si peur de dire "je ne sais pas" et refuser de découvrir des mondes jusqu'alors inconnus.

 

Oui, je sais. Pour ne pas se retrouver idiote devant un(e) inconnu(e) qui crie à qui veut l'entendre - et ce n'est pas parce que le volume de la musique est trop élevé :

- "Comment, tu connais pas ça, toi !".

 

L'instinct de survie sociale nous pousse à entrer dans un combat sans fin à coups de :

- "Et ça tu l'as déjà lu, non parce que c'est sublime ? Ah non ! Ah, tu passes à côté de quelque chose."

- "Lui...Tu aimes. Non, je pensais pas. Non, je dis ça parce que je trouve ce qu'il fait un peu facile et MAINSTREAM."

 

Mais souvent, je m'écrase.

Du bout des lèvres, je réponds un "ouais, nan c'est vrai, c'est pas mal ce qu'il fait", "oui, je connais" et je m'éclipse, histoire d'éviter le lynchage en public.

 

Au contraire, pourquoi ne pas proposer à celui/celle qui sait de m'apprendre ?

Et les sujets de conversation qui me font tant défaut en société, ne seraient plus un problème.

 

D'une pierre deux coups.

Et voilà le travail !

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  • : Vodka Lemoni
  • : Pas de justification. Pas de démonstration. Que des tripes avec du style et quelque élégance. Eviter de tomber dans le piège de l'egotrip "Miroir mon beau miroir". Sortir de l'éternelle fatalité "Vous êtes de ceux qui mettent leur orgueil dans ce qu'ils ne font pas" hein Simone. Et pour rendre à Patrick ce qui est à Patrick : "Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets" So, que la fête commence !
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