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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 11:32

"Elle danse. C'est collectif, c'est une folie, ce serait idiot de se rétracter". Et elle ne danse pas pour montrer aux autres qu'elle chaloupe encore bien pour son âge, son bassin se balance comme en montée d'ecstasy, sauf qu'elle ne prend rien, et elle commence à sentir le son lui rentrer dans les mains, lui délier la nuque et autour d'elle tous les corps sont dans le même état - elle danse et elle a posé le cerveau, et ça la débecte de l'admettre, donc le lendemain elle pense à autre chose, mais elle danse pour se sentir verticale, la plante de ses pieds se connecte au sol et elle est défoncée, des étoiles lui dégringolent dans le ventre, comme si ça avait été toujours leur place, elle danse en pensant aux morts et elle danse avec eux, elle danse en pensant à tout ce qui a disparu et qui pourtant existe encore, intact, aussi facile à redéployer que si elle ouvrait un livre en deux et que des images avec les sons et les odeurs et chaque grain de peau se déroulaient, elle danse parmi les autres et elle reconnaît leurs présences, il y a un lien entre eux tous, ils sont heureux d'être ensemble avec la même imbécilité qu'on éprouve quand on est récemment amoureux, sauf que là ils sont une trentaine et elle s'enchaîne à eux sans même y prêter attention, ils sont un seul corps qui ondule et ça les plaît d'être là. Impossible de dire ce qui déclenche ça." 

Virginie Despentes, Vernon Subutex 2

 

22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 12:44

"Elle aime Paris, de toute façon, de la porte de la Chapelle à Montparnasse. Elle en aime les couches successives, contradictoires, les intersections et les changements brusques. Parfois, deux rues suffisent pour basculer d'un quartier à l'autre, d'autres fois il faut traverser de courtes zones sans identité. Elle aime le brassage des touristes, de la racaille, des Chinois, des provinciaux, des cultureux, des modeuses, des banquiers et des caissières - tous chez eux, en même temps, qui n'habitent ni tout à fait la même ville, ni tout à fait une autre. Un jour on pensera à ce Paris cosmopolite du début du troisième millénaire comme à une Babylone insensée, et on aura du mal à se représenter autant de gens différents ayant réussi à vivre ensemble dans une paix bien réelle. Des geeks barbus, des pédés d'extrême droite, des Juifs dealers, des bombasses khâgneuses, des Américains bohèmes et des toxicos réactionnaires... Toutes les articulations sont possibles et elle fait partie de cette mosaïque. Même si elle n'arrête pas de se plaindre que tout change et toujours vers le pire, elle se sent toujours autant chez elle, dans cette ville tarabiscotée."

Virginie Despentes, Vernon Subutex 2.

28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 14:57

Avoir l’adresse, le code,
Jouer chez les grands.
Je prends des notes.

La classe
A domicile.
J'ai dix ans et des acquis.

Peau de chagrin d'amour.
Des larmes et de la sueur.
A découvert.

Je suis à l’ouest.

Propriété privée.
« Circulez, y’a rien à boire ».
Toutes mes économies parties en fumée.

Lien du sang sur les mains, je crie à contresens
Mon amour au prochain,
Evite les angles morts et souris au prétentieux.

La vérité à la face du monde caché,
Rien ne tourne comme une aiguille dans une meute
Qui feint la surprise d’être comparée à des moutons panés.

Transparente dans l’ombre, je comble.

En boucle.
Boîte à musique.
Discussions rayées.

Faute de goût, de français, de petite frappe.
Ses mains ne disent rien.
Fatiguée ou l’ennui à force.

Les autres remplissent du vide.
Je me plains.
Rien de bien que de boire du vin.

L’aurore à attendre.

Coincée. 
J'adopte une conduite sans fard.
Danse comme une voiture volée.

Je sauve ma peau.
Et cette soirée.
Puis enfin retrouve les clefs.

Je vais pouvoir rentrer.

Cha
17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 17:33

Règle de ne pas faire de bruit...
Pas une goutte de sang ne sera versée.

Nous avons fait la sourde horreur
à ces monstruosités passives.

Nos prières seront exportées.
A table.
La ferme.

 

 

Walter Strempler

Walter Strempler

Cha - dans Haiku
6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 21:40
A normal guy, a top dad...a top guy, a normal dad.

A normal guy, a top dad...a top guy, a normal dad.

30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 16:36

Chez le fleuriste.

Derrière le comptoir, une vendeuse à un de ses collègues : "Patrick, dis bonjour au bébé. Devine comment il s'appelle... Un indice, c'est une référence Interflora, des roses rouges et des lys".

Fiche technique du modèle en question.

Fiche technique du modèle en question.

Cha - dans Fleurs Interflora
30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 16:26

"Il faudrait reconnaître que l'exposition est morte en tant que laboratoire artistique et admettre qu'elle prolifère aujourd'hui en tant que banc d'essai scénographique pour les boutiques de luxe".

DeYi Studio, artpress 2, trimestriel n°36

*Banksy.

Cha - dans Banksy DeYi Studio Luxe Art
25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 16:27

"On peut travailler en solitaire pendant des années, c'est même la seule manière de travailler à vrai dire ; vient toujours un moment où l'on éprouve le besoin de montrer son travail au monde, moins pour recueillir son jugement que pour se rassurer soi-même sur l'existence de ce travail, et même sur son existence propre, au sein d'une espèce sociale l'individualité n'est guère qu'une fiction brève."

Michel Houellebecq, La carte et le territoire, 2010

Cha - dans Michel Houellebecq
22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 14:46

Des Stan Smith et des vestes Carhartt à la pelle.

De la bière sur mon jean's, je me noie dans une marée de blancs-becs de deux mètres,
qui hurlent leur amour du Hip Hop et leur adolescence fanée.

Je suis larguée.
DJ Premier fait du bruit et balance le son.
Je sens que je passe à côté.
Je m'attendais à être placée, je lutte pour ne pas me faire écraser.
Plus de mon âge.

Sur les côtés c'est "passe passe le oinj".
Je prends un air cool, c'est vendredi soir. Thalassa passe à la trappe.
Perdue dans la foule, l'idée de me réveiller aux aurores stoppe tous les élans de sympathie.
Je deviens vieille (et méchante). Mes oreilles sifflent, mes baskets collent au sol.

Fin de la première partie.
Primo n'a pas demandé son reste.
L'expert que j'accompagne semble avoir rajeuni de quinze ans.
Même s'il a perdu la voix, son sourire parle pour lui. C'est bon signe.

On attend sagement le concert d'un groupe dont on ne sait rien. Peut-être que ce sera bien.

Ca recommence, le public s'emballe. Je n'y pige rien. Je prends mon mal en patience et essaie de paraître parfaitement à l'aise. Mais je n'entends que Pow Wow dans la langue de Shakespeare. D'interminables minutes passent. Je souris, je me sens idiote.

L'expert se tourne alors vers moi et me demande ce que j'en pense. Avant de tourner sept fois ma langue dans ma bouche, je fais une mine dubitative et hurle à son oreille "Ce n'est pas ma came", comprenez "Je m'ennuie mais on reste, si tu veux".

"Et toi ?"

Je lis sur ses lèvres :

"On s'arrache." Sans autre nuance.

Je m'en veux déjà. Je me dis que je suis égoïste, que je lui gâche la fête, qu'il fait ça pour me faire plaisir. J'essaie de me rattraper "Mais non, c'est plutôt intéressant, en fait".

Très sûr de lui, il me prend la main et tel Moïse, trace notre chemin à travers la masse informe.

Aux portes, on nous demande si notre sortie est définitive. On sourit poliment. J'ai honte.

Plus loin, il précise comme pour me rassurer : "Je n'en pouvais plus, c'était insupportable."
Et avant même que j'ai besoin d'insister :
"Pas de regret, j'étais venu pour Premier".

Il n'est pas vingt-deux heures dehors.
Notre crédit baby-sitter n'est alors pas encore épuisé.

La nuit (ou tout comme) nous appartient...

Thinking of a master plan

Thinking of a master plan

21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 16:45

"Le féminisme est une révolution, pas un réaménagement des consignes marketing, pas une vague promotion de la fellation ou de l'échangisme, il n'est pas seulement question d'améliorer les salaires d'appoint. Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution, bien en marche. Une vision du monde, un choix. Il ne s'agit pas d'opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l'air."

Virginie Despentes, King Kong Théorie, Grasset.

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  • : Vodka Lemoni
  • : Pas de justification. Pas de démonstration. Que des tripes avec du style et quelque élégance. Eviter de tomber dans le piège de l'egotrip "Miroir mon beau miroir". Sortir de l'éternelle fatalité "Vous êtes de ceux qui mettent leur orgueil dans ce qu'ils ne font pas" hein Simone. Et pour rendre à Patrick ce qui est à Patrick : "Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets" So, que la fête commence !
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